Quand une voyageuse arrête de voyager…

… elle est paumée !

Cela fait 2 ans maintenant que je suis dans ma maison, propriétaire, je n’ai plus besoin de partir. Maintenant que je pourrais défaire tous mes cartons, je n’ai déballé que l’essentiel. Les habits, les livres. Le reste est encore soigneusement emballé, éparpillé dans ma maison et ailleurs, dans l’attente que j’ouvre enfin le tout. Dans l’attente que je m’ouvre complètement.

J’ai voyagé, déménagé pendant 10 ans, 10 fois, en ne déménageant pas tous les ans. Et avant ça encore, je n’ai pas compté, j’espère pas autant. Je n’ai pas visité le monde, j’ai juste connu 1 autre pays, 1 principauté, et plusieurs département français. Les kilomètres ne comptent pas en fait. Ce qui compte c’est l’affect. Et bon sang, que ça m’a affectée ! Je n’aurais pas cru autant, je m’en suis même pas aperçue avant aujourd’hui ! Moi qui me suis toujours pressée pour tout déballer, vite, pour me sentir chez moi le plus vite possible dans des murs qui n’étaient jamais les miens, aujourd’hui que j’ai cette occasion, je suis paumée.

On prend l’habitude de faire des cartons et défaire ce qu’on a fait. Le tout vite et bien. Le dernier déménagement est le seul où j’ai eu de la casse : la vie nous livre tant de signes qu’on s’échine à ne pas lire ! J’ai trop forcé, j’ai trop déménagé, et du coup je me suis emballée moi-même ! Aujourd’hui je n’arrive pas à parler ni à dire ni à m’exprimer, franchement, sans assurance orgueilleuse, juste avec l’assurance d’aller vers son propre bonheur… Seulement voilà, je suis toujours dans mon carton. Enfermée. Je sais que j’ai les ciseaux qu’il faut, que personne d’autre que moi peut m’ouvrir, mais là, aujourd’hui, je suis bloquée, nouée, enfermée.

Où est ma sortie ?

Telle ma plante totem, la tillandsia, j’ai été épiphyte, sans racine, volant de support en support, sans trop se fixer. Aujourd’hui, mes racines sortent sans moi. Je m’accroche sans le vouloir, et ma fragilité apparaît là où je voudrais montrer de la force. Je suis en désaccord avec moi-même. D’un côté j’ai besoin de ces racines, de l’autre je suis habituée à ne pas en avoir… surtout ne pas s’accrocher ! Et je lutte… je lutte. Je sais qu’elle sera l’issue, la gagnante entre moi et moi, je sais bien tout ça… le plus dur n’est pas de le savoir, c’est d’accepter ce qu’on est, au plus profond de soi. Dès lors, dès cette acceptation de soi… la vie se présente différemment, pas plus douce, pas plus mauvaise, simplement différente.

One Response to “Quand une voyageuse arrête de voyager…”

  1. NICK says:

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« Et si c’était LUI ? humm non LUI plutôt ! Non, cette fois c’est vraiment LUI J’aimerais accélérer le temps… »

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